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Segment 1 — Proxys ISP statiques

C'est le segment que tout le monde trouve en premier, parce que c'est celui qui affiche les prix les plus bas et qui utilise le mot « résidentiel » dans son nom commercial.

Ce qui est vendu

Une adresse IP enregistrée au nom d'un opérateur télécom grand public, mais routée vers un serveur en datacenter, et accessible par un mandataire sortant en HTTP(S) ou SOCKS5. Le vocabulaire du marché est instable : « static residential », « ISP proxy », « static ISP » désignent la même chose.

Deux variantes commerciales existent :

  • Partagée : l'adresse est allouée à plusieurs clients simultanément (souvent jusqu'à trois). C'est ce qui explique les prix affichés à 0,23-0,30 $.
  • Dédiée : l'adresse est à vous seul. C'est le seul mode envisageable pour un node, et il coûte typiquement 2,50 à 5 $.

Les fournisseurs et leurs prix

Fournisseur Prix affiché Mode Pays
Webshare à partir de 0,23 $/IP partagé 195 pays annoncés
Decodo à partir de 0,27 $/IP ; dédié 9,99 $ les 3 IP ; 2,70 $/IP à partir de 50 IP les deux 21 pays (voir ci-dessous)
Proxy-Seller à partir de 1,00 $/IP (relevés secondaires : 0,90 à 1,70 $) dédié 20 à 22 pays
Evomi 1,00 $/IP, bande passante annoncée illimitée partagé (≤3) ou dédié non publié
Rayobyte ~1,35 $/IP en engagement annuel ; 25 $ les 5 IP au tarif standard dédié 4 à 6 pays (US, UK, CA, DE)
Proxy-Cheap à partir de 2,12 $/IP dédié non publié
IPRoyal 2,40 $/IP à 90 j ; 2,55 $ à 60 j ; 2,70 $ au mois dédié 31 pays
Infatica 1,95 à 3,00 $/IP, trafic illimité dédié 23 pays
CatProxies non publié, bande passante illimitée annoncée dédié 23 pays
Oxylabs ~4 $/IP dédié 14 pays
Bright Data ~5 $/IP dédié très large

Une partie du bas de ce marché a été démantelée en janvier 2026

Les fournisseurs les moins chers que fait remonter un comparateur de prix — IP2World (5 $/IP annoncé), 922 Proxy, LunaProxy, ABC Proxy (1,50 $/IP annoncé), PyProxy, PIA S5, 360Proxy, Cherry Proxy, Tab Proxy — partageaient tous le même arrière-guichet, IPIDEA, démantelé par Google le 28 janvier 2026. Plusieurs de leurs boutiques et tableaux de bord sont hors service ou instables depuis.

Ce n'est pas une anecdote : c'est l'explication de leurs prix. Voir D'où viennent les IP résidentielles vendues.

Couverture par pays

C'est le point le plus mal compris du segment : l'immense majorité des IP ISP se concentre sur une vingtaine de pays riches. Les « 195 pays » affichés par certains fournisseurs concernent leurs pools rotatifs (voir plus bas), pas leurs IP statiques.

La liste publiée par Decodo pour ses IP ISP dédiées est représentative de tout le segment (documentation Decodo) :

Australie, Belgique, Brésil, Canada, Colombie, Corée du Sud, Espagne, États-Unis, France, Allemagne, Hong Kong, Inde, Irlande, Italie, Japon, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Singapour, Suède.

Recoupement avec les pays qui paient

En croisant cette liste avec le classement des gains par pays du chapitre 1, les intersections intéressantes sont la France, les États-Unis, la Roumanie, Singapour, la Suède et l'Italie. Le Danemark — deuxième pays le mieux payé — n'est proposé par aucun fournisseur d'IP ISP du panel.

Cette observation reste théorique : le segment échoue au test technique ci-dessous.

Le piège du mot « illimité »

Plusieurs fournisseurs affichent « bande passante illimitée ». Dans presque tous les cas, une politique d'usage raisonnable plafonne la consommation en arrière-plan, et le fournisseur réduit le débit ou le nombre de sessions concurrentes au-delà d'un seuil rarement mis en avant.

Fournisseur Plafond réel documenté
Webshare minimum garanti de 10 To sur les offres illimitées, réduction progressive du débit ensuite
Oxylabs 100 sessions concurrentes sur les 50 premiers Go du mois, puis 10 sessions
Bright Data allocation mutualisée de 100 Go par IP achetée
Decodo réduction du nombre de sessions concurrentes au-delà d'un seuil

Synthèse : AIMultiple, RapidSeedbox.

Croisement avec le besoin réel

Un node à 15 $/mois consomme 50 à 375 Go, médiane 88 Go (chapitre 1). Les plafonds d'Oxylabs (50 Go) et de Bright Data (100 Go par IP) tombent au milieu de cette fourchette.

Autrement dit : même en ignorant tous les obstacles techniques, ces deux offres seraient étranglées avant d'avoir généré le revenu escompté. Seul le plancher à 10 To de Webshare offre une marge confortable.

Une remarque sur les offres au gigaoctet

À côté des IP statiques, tous ces fournisseurs vendent des proxys résidentiels rotatifs, facturés au volume : environ 0,49 $/Go chez Evomi, 1,30 $/Go chez Decodo, 1,75 $/Go chez IPRoyal, 17,50 $/Go chez NetNut sur son offre ISP.

Ces offres sont sans objet ici, et le calcul le montre en une ligne : au tarif le plus bas du marché (0,49 $/Go), écouler les 88 Go médians coûterait 43 $ pour un revenu brut de 15 $. Le rapport est défavorable d'un facteur trois, et il l'est structurellement — le prix d'achat au gigaoctet du marché des proxys est de un à deux ordres de grandeur au-dessus du prix de vente au gigaoctet de Mysterium.

À retenir

C'est le cœur du problème économique : Mysterium vend la bande passante résidentielle à 0,04–0,30 $/Go, le marché des proxys l'achète à 0,49–17,50 $/Go. Un node n'est rentable que si la bande passante lui coûte zéro, c'est-à-dire s'il tourne sur une ligne déjà payée pour autre chose.

Verdict du segment

Critère Résultat
Tunnel plutôt que proxy Non — mandataire sortant uniquement
UDP bidirectionnel Non (sauf UDP ASSOCIATE, inexploitable — voir partie 1)
Redirection de port entrante Non
Volume ≥ 375 Go garanti Variable, souvent non
Absente des bases anti-proxy Non — c'est un produit proxy commercialisé

Éliminé. Non pas parce que c'est trop cher — c'est le segment le moins cher du marché — mais parce que le produit ne peut pas héberger un service. Aucune remise, aucun volume, aucun pays ne change cela.


Suite : VPN à IP résidentielle