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Les cinq modes de frais

C'est le moteur économique de la stratégie. Le frais d'un pool DAMM v2 n'est pas une constante : c'est une fonction du temps, du prix ou de la taille des ordres, écrite dans le pool à sa création.

Comprendre laquelle s'applique, c'est savoir combien de temps la fenêtre reste ouverte.


Le frais total

\[ \text{total\_fee\_numerator} = \min\bigl(\text{base\_fee\_numerator} + \text{dynamic\_fee\_numerator},\ \text{pool\_fee\_cap}\bigr) \]
Élément Valeur
Dénominateur \(10^9\)
1 point de base \(100\,000\) unités de numérateur
Frais minimal 1 point de base (0,01 %)
Plafond maximal 99 %

Le plafond de 99 % peut surprendre. Il existe parce que certains lancements utilisent un frais quasi prohibitif pendant les premières secondes pour décourager les bots.

La répartition

Une fois le frais de transaction calculé, il se répartit par couches :

Couche Part par défaut
Frais protocole 20 % du frais de transaction
Frais de parrainage 20 % du frais protocole, si parrain
Frais LP le reste
Frais composé en pool compounding, une part des frais LP retourne dans les réserves
Frais réclamable le frais LP restant après composition

20 %, pas 10 %

Le protocole prélève 20 % sur DAMM v2, contre 10 % sur un pool DLMM standard. Un frais affiché de 4 % vous en laisse donc environ 3,2 %, partagés au prorata de votre part de liquidité.


Mode 1 et 2 — Time scheduler

Le plus courant. Le frais démarre haut et décroît par paliers dans le temps.

Les quatre paramètres

Paramètre Rôle
cliff_fee_numerator Le frais de départ, au lancement du pool
number_of_periods Le nombre de réductions
period_frequency La durée d'une période
reduction_factor L'ampleur de chaque réduction

Mode linéaire

\[ \text{fee} = \text{cliff\_fee} - (\text{périodes écoulées} \times \text{reduction\_factor}) \]

Décroissance en escalier régulier. Exemple de la documentation : un frais de départ de 1 000 points de base avec un facteur de réduction de 100 sur 5 périodes donne :

\[ 1000 \rightarrow 900 \rightarrow 800 \rightarrow 700 \rightarrow 600 \rightarrow 500 \]

Mode exponentiel

\[ \text{fee} = \text{cliff\_fee} \times \left(1 - \frac{\text{reduction\_factor}}{10\,000}\right)^{\text{périodes écoulées}} \]

Décroissance rapide au début, puis de plus en plus lente. Avec un frais de départ de 1 000 points de base et un facteur de 2 000 (soit 20 %) :

Période Frais (bps)
0 1 000
1 800
2 640
3 512
4 410
5 328

L'implication directe sur votre timing

En mode exponentiel, vous perdez 20 % du frais à chaque période. Arriver trois périodes après la migration, c'est encaisser la moitié du frais de celui qui est arrivé au bloc zéro.

C'est la traduction quantitative du « be early » de @naoj. Ce n'est pas un conseil psychologique : c'est une décroissance géométrique paramétrée.

Le frais fixe

Mettre period_frequency, number_of_periods et reduction_factor tous à zéro produit un frais constant. C'est le cas de la grande majorité des pools observés.


Mode 3 — Rate limiter

Le frais augmente avec la taille de l'ordre d'achat pendant la fenêtre de lancement.

Objectif : rendre coûteux le fait de rafler une grande partie de l'offre en une transaction. C'est un dispositif anti-sniping, pas un mécanisme de rendement.

Pour un fournisseur de liquidité

Un pool en mode rate limiter signale un lancement qui cherche activement à se protéger des bots. C'est plutôt bon signe sur le sérieux du lancement, et cela vous rapporte davantage sur les grosses transactions.


Mode 4 et 5 — Market cap scheduler

Le frais décroît quand le prix monte, et non quand le temps passe :

« Fee decreases as the square-root price moves above the initial price. »

Deux variantes, linéaire et exponentielle, sur le même principe que le time scheduler.

Le mode le plus intéressant pour un LP

Ici, le frais reste élevé tant que le prix ne monte pas. Un token qui stagne ou baisse après sa migration conserve donc un frais fort, alors qu'en time scheduler il l'aurait perdu mécaniquement.

En clair : le market cap scheduler vous protège partiellement contre le scénario « le token ne décolle pas ». Il est rare — 1 pool sur 300 dans l'échantillon relevé — mais c'est un point à vérifier.


La couche dynamique

Par-dessus le frais de base, un frais dynamique optionnel s'ajoute, fondé sur la volatilité — le même principe que sur le DLMM (chapitre correspondant).

Le champ dynamic_fee_initialized de l'API indique s'il est actif. Mesure sur 320 pools récents de plus de 3 000 $ de TVL : 61 % l'ont activé.

Un pool avec frais dynamique paie davantage pendant les phases agitées, ce qui est précisément la période où vous voulez être présent.


Le mode de collecte : le paramètre à ne pas rater

Trois modes déterminent dans quel token vous êtes payé :

Mode Comportement
BothToken Frais prélevés sur le token de sortie ; ils s'accumulent dans les deux tokens
OnlyB Frais collectés uniquement en token de cotation
Compounding Frais en token B, avec composition atomique dans la position

Le meilleur cas, et il est majoritaire

Sur 300 pools actifs relevés le 30 juillet 2026, la valeur dominante de collect_fee_mode — 77 % de l'échantillon — correspond au mode où les frais sont perçus dans un seul token, le token de cotation.

(La correspondance entre valeur numérique et nom de mode est déduite de l'ordre de la documentation, pas explicitement documentée dans l'API.)

Concrètement : vous encaissez vos frais en SOL ou USDC, pas dans le memecoin. Votre revenu est donc immédiatement sécurisé, sans avoir à vendre quoi que ce soit.

C'est un avantage réel et structurel sur le DLMM, où les frais s'accumulent dans les deux tokens et où le revenu accumulé en token de base peut fondre avant que vous ne le réclamiez.


Ce que l'on observe réellement

Mesures du 30 juillet 2026.

Frais de base des pools actifs

Sur 300 pools de plus de 3 000 $ de TVL triés par volume :

Frais de base Part
2,0 % 34 %
1,0 % 21 %
0,25 % 14 %
0,01 % 10 %
4,0 % 7 %
Autres (0,3 à 10 %) 14 %

Sur les 320 pools récents, la répartition se décale vers le haut : 2 % domine toujours, mais 4 %, 5 %, 6 % et même 10 % apparaissent nettement plus.

Modes de frais

Constat Mesure
Pools dotés d'un fee scheduler (échantillon récent) 13 % (41/320)
Dont scheduler encore actif 7 % (22/320)
Pools avec frais dynamique activé 61 %
Pools en mode market cap scheduler ~1 %

Le fee scheduler n'est pas le mécanisme dominant

C'est une correction utile au discours communautaire. Seuls 13 % des pools récents ont un calendrier de frais, et 7 % l'ont encore actif.

L'essentiel de la rentabilité de la fenêtre post-migration ne vient donc pas de la décroissance programmée du frais, mais du simple fait que le volume est concentré dans les premiers jours et que le frais de base des pools de lancement est structurellement élevé (1 à 4 %).

Autrement dit : ce qui décroît, ce n'est pas tant le frais que le volume. Le chapitre suivant le mesure.


À retenir

Les six faits de ce chapitre

  1. Frais total = frais de base + frais dynamique, plafonné à 99 %.
  2. Le protocole prend 20 % sur DAMM v2, contre 10 % sur le DLMM.
  3. Le time scheduler exponentiel fait perdre une fraction fixe du frais à chaque période : c'est la justification chiffrée de « be early ».
  4. Le market cap scheduler est le mode le plus favorable au LP — le frais reste haut tant que le prix ne monte pas. Il est rare.
  5. 77 % des pools versent les frais en token de cotation seul : votre revenu est sécurisé sans action de votre part.
  6. Le fee scheduler ne concerne que 13 % des pools récents. Le vrai moteur de la fenêtre, c'est la concentration du volume, pas la décroissance du frais.